Moi j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux...

« La maison achevée, je me promenais dans les champs quand je vis par hasard des petits bouts de verre, débris de porcelaine, vaisselle cassée. Je les ramassais sans intention précise, pour leur couleur et leur scintillement. J’ai trié le bon et jeté le mauvais. Je les ai amoncelés dans un coin de mon jardin. Alors l’idée me vint d’en faire une mosaïque, pour décorer ma maison..."

" J’ai suivi mon esprit comme on suit son chemin (…) Avant de venir à mon chantier, je faisais souvent plusieurs kilomètres à pied pour rechercher ma matière première les débris d’assiettes. Les matériaux (que je trouvais) : des fonds de bouteilles d’eau de cologne, des flacons de pharmacie, ce que les gens dédaignent et rejettent dans les carrières et les dépotoirs et qui peut encore servir. J’ai pris ce que les autres rejettent (…) J’ai été cherché partout ce qu’ on ne voulait pas utiliser (…) Beaucoup de gens pourraient en faire autant, mais non : ils n’osent pas. Moi j’ai pris mes mains et elles m’ont rendu heureux..                                                                                                   Raymond Isidore dit Picassiette (1900-1964)